Forum Chez Mirabelle
Vous souhaitez réagir à ce message ? Créez un compte en quelques clics ou connectez-vous pour continuer.


Forum convivial pour tous : Amitié - Graphisme pour tous - Divertissement - Partage...
 
AccueilAccueilRèglementS'enregistrerConnexion
Le Deal du moment :
Demon Slayer – Coffret (T19 + Roman N°02) en ...
Voir le deal
15.99 €

 

 Ca s'est passé en mai !

Aller en bas 
2 participants
AuteurMessage
Kationok
Modérateur
Kationok


Ca s'est passé en mai ! Empty
MessageSujet: Ca s'est passé en mai !   Ca s'est passé en mai ! Icon_minitimeDim 2 Mai 2021 - 15:20

3 mai 1916, décès : Jules Blanchard, sculpteur


Ca s'est passé en mai ! _7bz_khozO86c9lww8aSVsCYdIjRFiR38CusyhFX3Q8BxLZyFApEQc2-5X1IWOL7RMkj=s85



BIOGRAPHIE





Jules Blanchard est né à Puiseaux, dans le Loiret, dans une famille de commerçants. Après avoir révélé très tôt des talents pour le dessin et le modelage, il devient élève dans l'atelier de François Jouffroy à Paris et épouse la fille du sculpteur Denis Foyatier (1793-1863).

Sculpteur fécond, Jules Blanchard travaille aussi bien la terre que le plâtre. Il est notamment chargé du rétablissement de la fontaine du Palmier, sur la place du Châtelet, à Paris. Son œuvre la plus célèbre est "La science", en bronze, qui orne le Parvis de l'Hôtel de Ville à Paris.

Ses thèmes de prédilection sont l'allégorie et la mythologie. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans sa ville natale à Puiseaux.



Quelques œuvres :
- Un jeune équilibriste (plâtre, Salon de 1866),
- Fronton du théâtre (Place New York, Angoulême, 1870),
- La bouche de la vérité ou La bocca dela verita (Jardin du Luxembourg, Paris, 1871),
- La Science (bronze, Parvis de l'Hôtel de Ville, Paris, 1880-1882),
- Andromède (Musée des Beaux-arts, Nantes, Salon de 1892),
- Jeune Fille parlant au Sphinx (Mairie de Puiseaux, 1916),

- Boccador (Parvis de l'hôtel de ville, Paris).





Ca s'est passé en mai ! OU0upDp6REdjR5yJAXXhcq5-J3vTPs7CEpObjk8p7Q61nSiKaJvO6syEaccilxpjNWQcuejhYnP3rUOjtrfOCCWKbsbnU-eKnS4pQsDHz-a4Tbthcu5gCukl

Fronton du théâtre (1870)


Théâtre
Place New York
Angoulême (Charente, France)



Le théâtre d'Angoulême a été construit entre 1866 et 1870 par l'architecte parisien Antoine Soudée.





Ca s'est passé en mai ! 450px-Blanchard


Ca s'est passé en mai ! BGiZGiJ9YL92KtjYacaGMOcTwk0@482x361


Ce marbre gracieux, appelé « La Bocca della Verita », se dresse dans le Jardin du Luxembourg. Il fut réalisé par le sculpteur Jules Blanchard (1832-1916) vers 1872.
 
Une jeune femme nue glisse sa main dans la bouche d'un étrange masque, le masque de la Vérité. Selon une légende en vogue dans la Rome antique, on n'en retire sa main intacte que si on ne dissimule aucun mensonge.
 
Le masque repose sur une colonne décorée d'un miroir et d'une branche de laurier. Emblème solaire dans ce cas, le miroir évoque l'impossibilité de cacher ou de travestir la Vérité de quelque manière que ce soit. Les anciens livres d'iconologie nous apprennent que le laurier « est toujours vert, et que la foudre ne le peut endommager, nous en donnons pour cet effet une Couronne à la Vertu, pour ce qu'il n'est point d'ennemi qui la puisse vaincre, et qu'elle ne craint ni les embrassements, ni les disgrâces, non plus que les autres violences de la Fortune. »
Iconologie ou explication nouvelle de plusieurs images, emblèmes et autres figures hiéroglyphiques des Vertus, des Vices, des Arts, des Sciences, des Causes naturelles, des Humeurs différentes et des Passions humaines. Tirées des recherches et des figures de César Ripa, moralisées par Jean Baudoin. A Paris, chez Mathieu Guillemot, 1644. P. 196.
 

Ca s'est passé en mai ! 475px-La_Science_Jules_Blanchard


Ca s'est passé en mai ! Image%2F4755377%2F20201119%2Fob_3bdbda_statues-hotel-de-ville-montage-1

La Science de Jules Blanchard devant l’hôtel de ville de Paris

la Science, allégorie en bronze qui siège devant la grille de la façade principale de l’hôtel de ville de Paris. De l’autre côté (à droite quand on regarde la façade) se trouve une autre allégorie, l’Art par Laurent [Honoré] Marqueste (Toulouse, 1848 – Paris, 1920)




Ca s'est passé en mai ! Tmp_98c9281b4efbb64d4de2ef567771416c



Andromèdeen 1900statue en pierre calcaireH. 240,0 ; L. 100,0 ; P. 120,0 cm.musée d'Orsay, Paris, France:copyright:photo musée d'Orsay / rmn

Ca s'est passé en mai ! Tmp_e062a145cc5e98c1ccfbdd41211732e9

Femme arabeen 1901buste en bronze sur piedouche en marbre rougeH. 69,0 ; L. 45,0 ; P. 31,0 cm. @ (dont socle marbre rouge) autre dimension H. 16 ; L. 21 ; P. 21 cm (socle marbre rouge)musée d'Orsay, Paris, France:copyright:photo musée d'Orsay / rmn










Ca s'est passé en mai ! 2-kat410
Revenir en haut Aller en bas
Kationok
Modérateur
Kationok


Ca s'est passé en mai ! Empty
MessageSujet: Re: Ca s'est passé en mai !   Ca s'est passé en mai ! Icon_minitimeLun 3 Mai 2021 - 17:57

1869 : ouverture des Folies Bergères à Paris.



Ca s'est passé en mai ! 9


FOLIES BERGERE ... treize lettres qui évoquent depuis plus de deux siècles et dans tous les pays, l'un des plus prestigieux music-halls du monde. C'est aux FOLIES BERGERE, qu'au 19ème siècle, il y a plus de 130 ans est née la première revue de music-hall.




Vouée au divertissement, cette salle de spectacle va devenir le modèle du genre. Née à la veille de la guerre de 1870, cette scène que rien ne prédisposait pourtant à devenir le symbole de la vie parisienne et du plaisir à la française, a présenté, de la belle époque à nos jours, toutes les étoiles d'un art difficile et populaire, toutes les musiques, toutes les modes d'un siècle riche en bouleversements et mutations de toutes sortes...
Interrogez autour de vous, vous trouverez toujours quelqu'un pour vous raconter la soirée qu'il passa aux FOLIES BERGERE. Consultez l'histoire des lieux et vous y verrez défiler toute l'histoire du music-hall, toute son histoire et toute sa légende.
MAUPASSANT sera un spectateur du promenoir qu'il décrit dans 'Bel Ami'.
COLETTE y sera 'petite femme nue', suivie par Denise GREY... et Jacky SARDOU qui y commença sa carrière comme danseuse à 16 ans.
MANET peindra en 1881 l'un des plus célèbres tableaux impressionnistes: 'Le Bar des Folies Bergère', et la BELLE OTERO y paraîtra en scène, revêtue de deux parures inestimables qui avaient appartenu... à l'Impératrice EUGENIE et à l'Impératrice d'Autriche.
 Ca s'est passé en mai ! 04ec0f_6d14e42e9e094327ab7ff04049f828a2~mv2_d_2000_1493_s_2
[ltr]UN BAR AUX FOLIES BERGÈRE
Edouard Manet, 1881-1882 - Courtauld Institute, Londres
[/ltr]

[ltr]Huile sur toile, 96 cm x 130 cm[/ltr]
[ltr]
FEYDEAU écrira la suite des aventures de la Môme Crevette dans 'La Duchesse des Folies Bergère' et LEO MALLET écrira un roman policier 'Enigme aux Folies Bergère' dont l'intrigue a pour cadre les FOLIES.
Un soir de 1911 CHARLIE CHAPLIN, WC FIELDS et STAN LAUREL paraîtront ENSEMBLE sur la scène de la rue Richer, et c'est BENNY HILL qui aura la vedette au cours d'une série de représentation à LONDRES.
MISTINGUETTE, MAURICE CHEVALIER, JOSEPHINE BAKER, YVONNE PRINTEMPS, ont starisé le Grand escalier...

CHARLES TRENET, FERNANDEL, ou JEAN GABIN ont chanté sur cette scène mythique !
En 1957 HENRI VERNEUIL consacre un film aux FOLIES BERGERE avec EDDY CONSTANTINE, ZIZI JEANMAIRE et NADINE TALLIER... qui n'était pas encore Baronne de Rothschild...
DALIDA utilisera l'un des décors de Michel GYARMATHY pour tourner un clip pour les 'scopitone', et Claude LELOUCH y tournera 'Les uns et les autres'.
Plus récemment, c'est le cadre des FOLIES que THIERRY ARDISSON utilisera pour ses émissions.
La revue née sur cette même scène, obtiendra, pour la première fois de toute son histoire, une nomination aux MOLIERES avec ALFREDO ARIAS en 1994.
Pendant plusieurs années, la compagnie ROGER LOURET tout en animant 'Les Années Tubes' à la télévision obtiendra un Molière avec 'Les Années twist' et une nomination pour le meilleur spectacle musical avec 'La Fièvre des Années 80' ou 'Les Années Zazou'.
C'est toujours aux FOLIES que JEAN MARAIS paraîtra pour la dernière fois en scène !
C'est encore aux FOLIES BERGERE que Valérie LEMERCIER fait sa rentrée en 2000, suivie en 2001 par MARIANNE JAMES qui a choisi les FOLIES pour ses adieux irrévocables à L'ULTIMA RECITAL.


Ca s'est passé en mai ! 2030eb013a7c1c4aa85fd9c6169553e2
Le Hall vers 1900


Ca s'est passé en mai ! 71638-4[/ltr]

Folies Bergère, 1869


Ca s'est passé en mai ! 710x0x1095-or


La naissance des Folies: du moine paillard à Nana... en passant par la Comédie-Française !
 Au XVIe siècle, on trouvait à l'emplacement du 32 rue Richer, des champs traversés par une petite rivière appelée: la Grange-Batelière (cette même rivière qui, devenu souterraine, passerait toujours sous le Grand Foyer des Folies Bergère et qui, selon les auteurs du Fantôme de l'Opéra passe sous l'Opéra Garnier). On raconte que le terrain appartenait à un moine qui, afin d'obtenir l'absolution de son péché de gourmandise et le pardon de son penchant pour le bon vin, légua sa propriété à l'hospice des Quinze-Vingts que St Louis avait crée en 1260.
Initialement baptisée 'Ruelle de l'égout', la rue Richer (du nom de l'Echevin de Paris, Jean Charles Richer) fut ouverte par lettres patentes du 9 mars 1782.
Pendant le XVIIe et au début du XVIIIe siècle ces champs furent exploités par des maraîchers, et, vers 1863, avec les grands travaux du baron Haussmann, les maraîchers laissèrent la place aux maisons d'habitation et au commerce. C'est ainsi qu'à l'origine, bien avant d'être un music-hall, ce bâtiment fut un grand magasin spécialisé dans la literie, et baptisé 'Aux Colonnes d'Hercule'.. Très vite ce magasin populaire fut surnommé 'Au sommier élastique'.

 Mais, il faut croire qu'il ne fit pas de très bonnes affaires, puisque, 4ans plus tard, en décembre 1867, dans l'Album des théâtres, parût cette information : 'Est-il vrai qu'on va élever, rue Richer, à côté du magasin des 'Colonnes d'Hercule', une nouvelle salle de spectacle ?' Déjà les entrepreneurs sont à l’œuvre. 
L'architecte Plumeret, inspecteur des bâtiments de la couronne, dirigea les travaux qui traînèrent et furent onéreux, et, enfin, l'inauguration eut lieu le 2 mai 1869.


Ca s'est passé en mai ! FOLIES-BERGERES-HELENE-MARTINI-58-x-38-cm-condition-A-ERTE-circa-1970-Imprimerie-Ets-St-Martin-Asni%C3%A8res-416x635

Ca s'est passé en mai ! 1163639_max-416x632

Ca s'est passé en mai ! FOLIES-BERGERES-FOLIES-LEGERES-60-x-40-cm-condition-A-OKLEY-1949-Imprimerie-AUSSEL-Paris-416x621


Affiches anciennes


LES FOLIES, LES CAFÉS CHANTANTS, ET LA COMÉDIE FRANÇAISE...

Il est fort probable que l'on doive indirectement l'ouverture des Folies Bergère à une sociétaire de la Comédie-Française Mme Cornelie. En effet jusqu'en 1867 les théâtres étaient très protégés, et il était formellement interdit, sous peine d'amendes sévères de se costumer, de danser ou d'utiliser des accessoires, en dehors de ceux cis. Mais, en 1867, Mme Cornelie, sociétaire de la Comédie Française, souhaita se produire dans un café concert. Est-ce parce qu'elle était très liée avec un ministre, ou bien parce qu'elle était une excellente interprète des vers de Corneille ou de Racine... En tout cas le ministre décida d'abroger la loi !
Ainsi naquirent les premiers cafés-concerts, et cafés-chantants où l'on pouvait danser, se costumer, chanter, dire des textes devant un décor, comme dans un théâtre.

Comme l'explique le QUID, Folies désignait, depuis la fin du XVIIIe, les 'maisons de plaisance', créées sous la Régence par la haute noblesse, pour des fêtes nocturnes avec concerts, spectacles et ballets [étymologies proposées: 1o) caprice entraînant de folles dépenses ; 2o) foglia (du latin folia, feuille), car la noblesse napolitaine construisait ses retraites à la campagne].
A Paris, les plus connues, en 1789, étaient les Folies Méricourt, Folies St-James, Folies Richelieu, Folies Beaujon, Folies Regnault (la Roquette), qui donnèrent leur nom à leur quartier.

La mode, depuis 1830, était de baptiser les salles de spectacle du nom de 'Folies' suivies du nom du quartier où elles se situaient (Folies Dramatiques (1830), Marigny (1848), Nouvelles (1852), Saint-Antoine (1865). Initialement, le premier directeur M. Boislève avait donc pensé baptiser sa nouvelle salle de spectacle 'Folies Trévise', du nom de la rue de Trévise toute proche, où se situait l'entrée des artistes. Mais le Duc de Trévise s'opposa formellement à ce que son nom soit associé à une salle de spectacle !
Afin de ne plus rencontrer ce type de problème, M. Boislève renonça aussi à baptiser sa nouvelle salle du nom des rues 'Richer' et 'Geoffroy-Marie', qui conduisaient à son théâtre, puisqu'elles aussi, portaient des noms de famille. Et c'est ainsi que l'on choisit le nom de la rue Bergère, toute proche, qui, elle, avait l'énorme avantage de ne pas porter le nom d'une famille !
C'est donc pour cela que 'FOLIES BERGÈRE' s'écrit sans 'S' à Bergère puisqu'il s'agit des folies de la rue Bergère et non pas des folies de plusieurs bergères ! 


Ca s'est passé en mai ! 5f7c44bd0b98f39cf2433c233254650c
19ème siècle...


Ca s'est passé en mai ! S-l1600
Les danseuses nues...


Ca s'est passé en mai ! 9e8bbd31-6a83-436b-b813-69e45db55d75-smallScale_1963103690039


Ca s'est passé en mai ! 1KxITTUd6Mh0Q3HwSH6_q88uKTktyY3apjX_mnWfmY2TPwmKTC0biyUdLIE0gJ7XHCqf6R3djS6ye9D7xciDcEJd-OBwNO6c17SVGVXGyeePiDQBpg


Ca s'est passé en mai ! 3854d5083306b143b3ce1d4f5797624f


Ca s'est passé en mai ! 19th-march-1949-fortunia-a-dancer-with-the-folies-bergere-in-paris-picture-id3404237?s=2048x2048


Ca s'est passé en mai ! Mistinguett-stage-name-of-french-dancer-singer-and-actress-jeanne-picture-id2629816?s=2048x2048


Misstinguett


Ca s'est passé en mai ! Circa-1930-american-singer-and-exotic-dancer-josephine-baker-of-the-picture-id3299495?s=2048x2048
Joséphine Baker


Ca s'est passé en mai ! Circa-1955-the-chorus-line-at-the-folies-bergere-performing-high-picture-id3367280?s=2048x2048
" CANCAN "


On inaugura en grande pompe cette nouvelle salle le 2 mai 1869. Elle était vaste, de grandes dimensions, et tout y était prévu pour impressionner le spectateur.
La salle était l'une des plus belles du genre. Tout y était large, spacieux, grandiose, confortable. Deux observations toutefois : 'un trop grand vaisseau, la voix s'y perd' et 'un peu plus de lumière serait nécessaire'. L'Eclipse du 16 mai ironisait dans ce sens : 'une salle très ingénieusement agencée... pour l'acoustique de la pantomime ! Décoration riche et de bon goût. Un espace suffisant à la circulation des consommations.  
Première grande salle de music-hall ouverte à Paris, spécialisée dans les variétés à grand spectacle, sur le modèle de l'Alhambra de Londres. elle différait d'un café concert par ce que, en plus des consommations, il fallait payer un droit d'entrée comme dans un théâtre, mais elle n'était cependant pas tout à fait un théâtre puisque, pendant le spectacle, on pouvait aller et venir librement, s'asseoir à des tables, boire et fumer. 
Formule hybride entre le café, le concert, et le théâtre, les Folies-Bergère accueillaient une clientèle interlope qui buvait, fumait, discutait, s'amusait, circulait du hall au promenoir et du bar à la salle sans discontinuer. 
Malheureusement le succès ne fut pas au rendez-vous et. pendant la guerre de 1870 la salle changea de destination et elle fut utilisée pour y tenir des réunions politiques.
Pendant le siège de Paris, la salle servit à des réunions politiques. Jules Michelet et Henri Rochefort y prirent la parole. Le 21 mars 1871, la Commune à peine proclamée, M. Durecu rouvrit avec un spectaclejoué par une troupe improvisée.... Il ferma dix jours plus tard.
Elle retrouva sa destination première en 1871 lorsque Léon Sari, un grand directeur qui avait fait fortune en dirigeant un théâtre du boulevard du temple, décida de la racheter et d'entamer de nouveaux travaux. Il ajouta d'abord un promenoir puis il fit aménager un immense jardin d'hiver sur le terrain vague qui se trouvait avant l'entrée de la salle et en septembre 1872 il inaugura ses nouvelles Folies.


Ca s'est passé en mai ! Foliesbergere-poster-by-pal-picture-id526773502?s=2048x2048
 Désormais le public pouvait aller et venir entre la salle, le jardin d'hiver, le bar et le promenoir (assidûment fréquentés par des dames de petite vertu...). Sacrifiant à la mode orientaliste le jardin d'hiver était particulièrement spectaculaire: 'Le jardin, avec ses galeries du haut, ses arcades découpées en de grossières guipures de bois, avec ses losanges pleins, ses trèfles évidés, teints d'ocre rouge et or, son plafond d'étoffe à pompons et à glands, rayé de grenat et de bis, ses fausses fontaines Louvois, avec trois femmes adossées entre deux énormes soucoupes de simili bronze plantées au milieu de touffes vertes, ses allées tapissées de tables, de divans de jonc, de chaises et de comptoirs tenus par des femmes amplement grimées, ressemble tout à la fois au bouillon de la rue Montesquieu et à un bazar algérien ou turc... avec une vague senteur en plus de ces estaminets-salons ouverts dans l'ancienne banlieue et ornés d'orientales colonnades et de glaces. Ce théâtre, avec sa salle de spectacle dont le rouge flétri et l'or crasse jurent auprès du luxe tout battant neuf du faux jardin, est le seul endroit de Paris qui pue aussi délicieusement le maquillage des tendresses payées et les abois des corruptions qui se lassent.' (Joris-Karl Huysmans - Croquis parisiens - 1880)


Ca s'est passé en mai ! Folies-bergres-1897-artist-palologue-jean-de-picture-id486780883?s=2048x2048

C'est le début du succès pour les Folies Bergère. Manet peindra en 1881 l'un des plus célèbres tableaux impressionnistes: 'Le Bar des Folies Bergère' et Maupassant dans son bon roman 'Bel Ami' y décrira: 'des demoiselles aux yeux charbonnés qui lui jetaient de troublants sourires avec l'émail de leurs fausses dents'. L'atmosphère qui règne aux Folies est tout à fait celle qu'à si bien décrite Zola dans son roman 'Nana'.
Le Bar aux Folies-Bergère est la dernière grande composition célébrant la vie contemporaine peinte par Manet. Sur le comptoir, une des plus belles natures mortes jamais peintes; derrière Suzon, la serveuse du bar, une grande glace ou elle se reflète ainsi que la foule des clients. Cette toile, par sa facture franche, son synthétisme schématique et la parfaite unité lumineuse est l'ultime affirmation des impératifs de l'oeuvre de Manet.
Une recherche documentaire sur les Folies Bergère en 1881 révèle que les trois bars étaient placés dans le jardin artificiel du rez-de-chaussée, et que, par conséquent, d'aucun de ces bars on ne pouvait voir la salle, le public, ni même leur reflet. Manet est donc ici pris en flagrant délit de recomposition de l'espace réel des Folies Bergère.
L'artiste s'est contenté de quelques croquis tracés à la volée sur les lieux mêmes, puis a installé un décor, à sa guise, dans son atelier, où il fait disposer les bouteilles, fleurs, fruits, libre de toute vraisemblance (ainsi les bouteilles de champagne auraient dû être au frais, dans des seaux à champagne). De même, comme on l'a déjà vu, l'éclairage, dans le tableau, ne correspond aucunement à celui du lieu (les lustres devraient scintiller beaucoup plus, de même que l'éclairage électrique jeter un éclat plus vif, le tout projetant des ombres), mais à celui d'un atelier d'artiste.
On a pu reconnaître avec certitude, dans l'élégante dame en blanc et gants jaunes assise au premier rang de la loge, Méry Laurent, cette demi-mondaine entretenue par un riche dentiste, et amie du peintre. Derrière elle se tient Jeanne de Marsy, actrice connue. Quant aux bottines vertes qui apparaissent dans l'angle supérieur gauche, ce sont peut-être celles d'une trapéziste américaine, Katarina Jones, qui fit son numéro aux Folies Bergère en 1881 et attira beaucoup de spectateurs. L'utilisation des globes électriques était en avance sur son temps, et l' ' Exposition de l'Electricité ', à Paris, en 1881, la désignait comme la toute nouvelle invention.
On dit de Méry Laurent, en blanc et gants jaunes sur le tableau, qu'elle a inspiré à Zola le personnage de Nana.


Ca s'est passé en mai ! 1b95dbcc5a6e36b0925f68bfb7b312cd


Le bar aux Folies-Bergère - Édouard Manet, 1881. Sotheby's Auction sold to Private Collector #manet




Malheureusement, on ne sait pour quelle raison, Sari décida de changer de genre et de programmer des concerts de musique classique (Gounot, Massenet, Saint-Saèns, Delibes, furent ainsi les pensionnaires des Folies Bergère !) Pour faire bonne mesure il changea en même temps le nom de la salle qui devint le Concert de Paris. Échec cuisant ! Désastre ! À peine un mois plus tard Sari, à demi ruiné, guetté par la faillite, revint à l'ancien genre. Mais il avait une autre passion que le spectacle: le jeu ; ses dettes devinrent insupportables et il dut se résoudre à vendre à un couple de limonadiers marseillais: M. et Mme Allemand.
Précurseur du 'trust' théâtral les Allemand étaient déjà propriétaires de la Scala et négociaient, en même temps que les Folies Bergère, le rachat de l'Eldorado. Ces restaurateurs que rien ne prédisposait à diriger les trois plus importants music-halls parisiens eurent l'intelligence de se reposer sur Édouard Marchand qui venait d'épouser leur nièce. Découvreur des plus sensationnelles attractions du moment, on lui doit la venue à Paris des plus grandes stars de l'époque: les Frères Isola (illusionnistes), Nala Damajenti (charmeuse de serpents), la Troupe Zoulou (véritables Zoulous), la Famille Birmane, le Kangourou boxeur, les lutteurs de Stamboul, Tom Cannon (lutteur géant), Ira Paine (tireur américain), Jack de fer (hercule), Sampson (briseur de chaînes), le Capitaine Costenténus (tatoué de trois cent vingt figures d'animaux), les Scheffers (acrobates), Cinquévalli (roi des jongleurs), les Tableaux vivants du Palace-Théâtre de Londres, Little Titch (nain transformiste anglais), les Griffiths (clowns), Baggenssen (clown excentrique).
Il présenta aussi sur la scène des Folies de la plupart des vedettes de caf'conc': Paulus, Polin, Yvette Guilbert, Polaire et Gaby Deslys.
Ca s'est passé en mai ! Folies

Ca s'est passé en mai ! 800px-Henri-Gabriel_Ibels_-_R%C3%A9p%C3%A9tition_aux_Folies-Berg%C3%A8re_1893

Répétition aux Folies Bergère sous la direction d'Édouard Marchand (1893).


Ca s'est passé en mai ! 800px-La_Belle_Otero_1894

La Belle Otero (1894)

Édouard Marchand: l'inventeur de la revue à grand spectacle
C'est lui qui fut l'inventeur du genre 'revue de music-hall': le 30 novembre 1886 les Folies présentaient à leur public 'Place au jeûne' (et non pas Place aux jeunes !). Ce spectacle mêlait ballets (avec la première apparition d'un groupe de girls d'Europe centrale), attractions, tours de chant et intermèdes comiques. 
Les présentateurs qui assuraient le lien entre chaque numéro étaient baptisés 'compère et commère', et à la manière de nos chansonniers d'aujourd'hui, passaient en revue l'actualité du moment en brocardant les hommes politiques.
Marchand consacra un budget conséquent à ce nouveau genre de spectacle mais les 10 000 francs de l'époque qu'il dépensa font sourire lorsqu'on songe aux millions de francs, puis aux millions d'euros investis dans une revue au siècle suivant! Il n'en reste pas moins que la petite histoire raconte que, lorsqu'elle en sut le prix Mme Allemand tomba malade.
Avec les bénéfices générés par leur théâtre, les Allemands financèrent d'importants travaux: ils firent installer des ventilateurs pour le confort du public, mais, surtout, pour pouvoir accueillir plus de spectateurs, ils firent rehausser la salle de 10 mètres pour rajouter un étage supplémentaire.


Ca s'est passé en mai ! 800px-MERODE-par-REUTLINGER


Cléo de Mérode et le ballet Lorenza aux Folies Bergère en 1901.

 
Peu à peu, le genre trouva son vocabulaire et Marchand eut l'idée de faire venir en France une troupe de girls: les Sisters Barrison.
'Leurs galants exercices exécutés chaque soir aux Folies Bergère attirent la foule. Qu'aime-t-on le plus en elles ? L'or pâle de leurs chevelures, la souplesse de leur taille, la neige de leurs dents, le carmin de leurs sourires, la fraîcheur un peu acide de leurs voix, leurs jambes frêles, le bouillonnement capiteux de leurs dessous ruchés et enrubannés ? Ce charme ne s'explique pas. On le subit.' (A. Brisson).


Ca s'est passé en mai ! Theatre-des-Folies-Bergeres-Revue-decor-Annees-_57
Les ballets étaient la spécialité des Folies, la majorité sur des arguments de 'Mariquita' (ci contre dessinée par Toulouse Lautrec au cours d'une répétition) géniale maîtresse de ballet d'origine maghrébine.
 'Elle connaissait les danses de toutes les époques et de tous les pays. Où les avait-elle apprises ? Elle ne le savait pas.
Qui était-elle ? Elle l'ignorait. Trouvée sur une route des environs d'Aumale, en Algérie, au bord d'une fontaine, comme Mélisande, elle avait été recueillie par une femme qui passait. Cette femme était danseuse, et la petite Marie sut danser avant que de savoir lire' (Albert Carré).

'Cette petite bonne femme imposait, en dépit de son exiguïté physique. Elle se tenait très droite, ne perdant pas un pouce de sa taille... Deux accessoires ne la quittaient jamais: son éventail et son face-à-main. L'éventail, elle le tenait continuellement de sa main droite: c'était son bâton de commandement' (Cléo de Mérode).


Ca s'est passé en mai ! Th%C3%A9%C3%A2tre-des-Folies-Berg%C3%A8res-Revue-costumes-%C3%A9poque

 
 Très vite Marchand comprit que 'la femme' était au coeur du concept qu'il voulait imposer aux Folies Bergère ; c'est ainsi qu'il présenta en vedette les 'cocottes' de la Belle Époque: la Cavaliéri, la Tortojada, la belle Caroline Otéro, Liane de Pougy, Emilienne d'Alençon, Cleo de Mérode ou Loie Fuller, qui fut l'étoile des Folies pendant 10 ans.


Ca s'est passé en mai ! Liane_de_Pougy_01
Liane de Pougy aux Folies Bergère.


La LoÏe Fuller était de nationalité américaine. Née en 1862 ses danses serpentines firent fureur à Paris tant dans les milieux intellectuels que dans les milieux populaires. Simplement vêtue de grands voiles blancs, elle dansait éclairée par des projecteurs multicolores. Elle eut, paraît-il, l'idée de ce numéro alors que, vêtue d'une robe blanche, elle priait à Notre-Dame de Paris et qu'un rayon de soleil, traversant un vitrail, dessina une mosaïque sur sa robe.
Elle devient l’une des artistes les plus importantes et les mieux payées dans le monde du spectacle. Par sa liberté d’invention, elle est la première à réaliser des scénographies d’un genre dont les grands théoriciens de la scène moderne, Edward Gordon Craig et Adolphe Appia, avaient rêvé, qui considéraient la lumière comme un élément fondamental de la représentation. L’avènement de l’éclairage électrique et l'imagination créatrice de Fuller suscitent une révolution dans les arts de la scène..
Tournoyant sur un carré de verre éclairé par-dessous, sculptée par les faisceaux de dizaines de projecteurs latéraux, noyée dans des flots (parfois des centaines de mètres) de tissu léger, Fuller, métamorphosée par la couleur, emplit l’espace scénique de ses formes lumineuses en mouvement. Dans certaines de ses pièces, des miroirs stratégiquement placés et des jeux d’éclairages savamment étudiés démultiplient son image à l'infini.  


Pour franchir le siècle, en 1901, Marchand eut l'idée d'engager  Cleo de Merode, une danseuse étoile de l'Opéra, celebrité rivale de Sarah Bernhardt, pour la présenter sur une scène de music-hall dans un ballet pantomime en trois actes dénommé Lorenza, 
Elle s'était produite à l'exposition universelle de Paris en 1900 dans les 'danses cambodgiennes'. Sa beauté délicate, hors des canons '1900' est restée légendaire, ainsi que les hommages qu'elle reçut de quelques célèbres soupirants, plus particulièrement le roi Léopold II de Belgique, aventures qu'elle relate dans ses mémoires: 'A Paris, une lettre de M. Marchand, directeur des Folies Bergère, m'attendait sur mon bureau ; il me priait de passer le voir. J'étais intriguée, que pouvait-il avoir à me demander ? Il ne supposait tout de même pas que j'allais faire un numéro excentrique dans son music-hall. Entre M. Marchand et moi, il ne fut pas du tout question de 'numéro' mais d'une création importante: il s'agissait du principal rôle d'un ballet pantomime en trois actes' (Cléo de Mérode).
On s'en doute, l'événement fit sensation et scandale !
Ce fut le dernier spectacle de Marchand qui, entre temps, avait racheté le théâtre à M. et Mme Allemand le 7 avril 1894.
Après 16 ans de règne la maladie le contraignit à se séparer de ses chères Folies.

 XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX


Ca s'est passé en mai ! 5479c8d9013c8007892b5d4bd0be9aa2


Ca s'est passé en mai ! 9ec129d87f7192a7b5d20baa30c06f8a








Ca s'est passé en mai ! 12cb609937b40c3eddf4ca083733d9b6




Ca s'est passé en mai ! 94254b9b4151496ecd0a7bdc5d380b72


Grand escalier






Ca s'est passé en mai ! Folies-bergere-1






Ca s'est passé en mai ! 9k=















Ca s'est passé en mai ! 2-kat410
Revenir en haut Aller en bas
Jean-Pierre
Co-Administrateur
Co-Administrateur
Jean-Pierre


Ca s'est passé en mai ! Empty
MessageSujet: Re: Ca s'est passé en mai !   Ca s'est passé en mai ! Icon_minitimeLun 3 Mai 2021 - 18:52



Ca s'est passé en mai ! 38271222

Tu as du en passer du temps pour mettre en page tout ça






Ca s'est passé en mai ! Novemb21
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




Ca s'est passé en mai ! Empty
MessageSujet: Re: Ca s'est passé en mai !   Ca s'est passé en mai ! Icon_minitime

Revenir en haut Aller en bas
 
Ca s'est passé en mai !
Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Chez Mirabelle :: Agenda Quotidien 2021-
Sauter vers: