La Violette de Toulouse

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La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Jeu 9 Nov - 22:35




L’histoire de la violette de Toulouse commence par une légende.
Celle d’un soldat de Napoléon III qui aurait ramené de Parme la célèbre fleur en 1850.
La suite est plus précise. La culture s’est développée dans le Nord de Toulouse, du quartier de Lalande jusqu’à Launaguet et Castelginest, là où étaient situés les maraîchers.
Dans les années 1930, on comptait près de 600 producteurs. « Son succès était en partie dû au fait que ce soit une fleur d’hiver, c’était une aubaine pour les maraîchers.
Lors des trois ou quatre mois de floraison, elle se trouvait partout à Toulouse. On se l’arrachait », raconte Mélanie Vié, fille d’Hélène, propriétaire de la péniche La Maison de la Violette.

La plante toulousaine s’exportait alors partout en Europe et jusqu’au Maroc ou au Québec. « En langage des fleurs, elle symbolise l’amour fidèle et sincère, c’était très chic d’en avoir une à la boutonnière, notamment en Angleterre », détaille Adrien Roucolle.
Ce fils d’un producteur devenu président de la coopérative de la violette a participé en tant qu’aide familial à la culture traditionnelle dans les années 1950. Le nom de la fleur est dès cette époque associé à la ville mais après un terrible hiver 1956 qui détruit toutes les productions, les horticulteurs abandonnent peu à peu la plante qui tombe en désuétude.

La résurrection de la violette de Toulouse
C’est Adrien Roucolle, devenu ingénieur agronome, chargé du service horticulture de la Chambre d’agriculture qui, dans les années 1980, essaye de relancer la machine. « La violette que l’on trouve à Toulouse a plusieurs spécificités qui la rendent unique dont celle d’être stérile.
Elle ne se reproduit pas par graine mais à partir de boutures.
Avec des chercheurs, nous avons mis au point un système in vitro qui a permis d’éviter la dégénérescence de la plante », raconte le spécialiste.

Désormais cultivable en pot, elle connaît un regain d’intérêt jusqu’au milieu des années 1990 avec l’appellation officielle violette de Toulouse et l’instauration d’une fête qui lui est dédiée.

Mais les producteurs, eux, n’ont pas suivi le mouvement.
Aujourd’hui, on n’en compte plus que deux dans la région, dont Hélène Vié qui a racheté une vieille Toulousaine aux Minimes où elle produit un millier de pots par an.
Ainsi, une grande partie des produits dérivés que l’on trouve aujourd’hui à Toulouse sont issus d’autres espèces de cette fleur, cultivées ailleurs en France.
Un comble pour la soi-disant capitale de la violette mais Adrien Roucolle reste optimiste : « Il y a un vrai retour aux cultures locales, la ville a tout intérêt à renouer avec son histoire. »



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Re: La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Ven 10 Nov - 11:43

Anita si tu passes par là, je me suis trompée de rubrique.
La Violette doit aller dans Nos régions..
http://www.chez-mirabelle.com/t724-midi-pyrenees-toulouse#70780

D'ailleurs dans la liste des régions , Toulouse n'apparaît pas.

Si tu peux me déplacer
Désolée pour le travail
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Re: La Violette de Toulouse

Message par Marius le Ven 10 Nov - 16:27

Merci pour ce sujet qui m'a plu, la violette dans la ville rose, ça ne s'invente pas...
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Re: La Violette de Toulouse

Message par Anita le Ven 10 Nov - 17:02

Ca sent bon la violette ! Fanny, voilà sujet déplacé, il suffit de demander.
Marius, si tu veux un coin ou une région, tu demandes aussi.


 



Je te souhaite une bonne journée ...  Invité 



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Re: La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Ven 10 Nov - 18:50

Merci Anita Fleur
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Re: La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Ven 10 Nov - 21:25

C'est gentil Marius.
Je n'en ai pas encore terminé avec la Violette..encore beaucoup à raconter.
Fleur
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Re: La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Dim 12 Nov - 14:09

La Violette est une fleur déjà connue dans l’antiquité, notamment pour les propriétés médicinales de l’espèce Viola odorata.
En effet, dès 400 av JC, les athéniens pouvaient acheter des bouquets de violettes qu’ils utilisaient en pommade ou en infusion.
Les romains connaissaient également les violettes (notamment la forme odorante) sous la dénomination « violettes de Mars ».
Ces violettes odorantes se sont ensuite perpétuées durant le Moyen-Age dans les villas romaines, les monastères et tous les jardins de simples.
Des traités sur leur culture sont écrits (le premier date de 904 ap. JC, écrit en Araméen, très original par sa description de l’influence des astres sur tous les travaux guidant à la fois leur entretien et les différentes récoltes).
La violette fut énormément utilisée pour ses propriétés relaxante, sudorifique, diurétique et laxative ainsi qu’antiseptique.
Un proverbe normand dit: « La première violette que tu trouveras au printemps, mange la, et l’an devant, tu n’auras jamais la fièvre ».
On lui prêtera également quelques propriétés aphrodisiaques (due à leur odeur considérée comme très sensuelle) et de ce fait, on en glissait dans les oreillers.
Elle fut également très utilisée à la cours des Rois de France afin de masquer leurs odeurs corporelles, de ce fait, elle fut cultivée dans le Potager du Roy à Versailles. Johannes Costaeus (voyageur et surtout botaniste émérite) dit que la violette double odorante (qui pourrait être à l’origine de la célébrissime Violette de Toulouse) était déjà cultivé en Perse au XVIIème siècle, il décrit des fleurs de la tailles de petits boutons de roses.
Cette Viola odorata dite de Parme (ville ou elle s’établit avant de migrer en France et notamment à Grasse vers 1755).
Grâce à l’habileté des horticulteurs, la culture des violettes devint au cours du siècle suivant l’une des plus importantes productions hivernales. Si cette origine reste à démontrer, il reste que la violette était une fleur dont le commerce florissant (c’était quasiment la seule fleur d’hivers) fut rapidement très réglementé (par exemple la taxe à laquelle étaient soumises les bouquetières parisiennes pendant la révolution).
portrait-de-l-imperatrice-eugenieLa violette a connu au cours du XIXème siècle deux grande périodes de gloire:
Sous Napoléon, car cette fleur est associée à sa rencontre avec Joséphine de Beauharnais qui, le jour de leur première rencontre, aurait arboré un bouquet de violettes à la ceinture qu’elle lui aurait donné, à partir de là il lui en offrit un pour chacun de leurs anniversaires de mariage.
La violette fut par la suite le symbole utilisé par les partisans du retour de Napoléon qui se reconnaissaient avec la phrase « Aimez- Vous les violettes ». La seconde période se situe durant le règne de Napoléon III, car sa femme, l’impératrice Eugénie aimait beaucoup cette fleur (cf son portrait ci-contre issu du tableau de Winterhalter qui représente l’impératrice couronnée de Violettes).
De manière générale, l’impératrice Eugénie avait une passion pour la culture du Sud-Ouest de la France, mais cela, j’aurai l’occasion d’en reparler dans un prochain post concernant un objet d’art du midi toulousain dont elle avait une collection personnelle magnifique…
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Re: La Violette de Toulouse

Message par Fanny le Dim 12 Nov - 14:21

La violette odorante serait une fleur crée par le roi des Dieux, Zeus par amour pour une de ses maitresse : Io. Cette jeune fille était une prêtresse d’Héra (la femme de Zeus) dans la cité d’Argos.
Un jour, Zeus la remarqua et il en fit sa maîtresse.
Lorsque Héra eut des doutes, Zeus, après avoir essayé de cacher la jeune fille décida de la transformer en génisse d’une blancheur immaculée, lui permettant de continuer à la voir sous la forme d’un taureau.
Pour se venger de ces infidélités, Héra demanda à Zeus cette génisse et elle la confiant à Argus, le géant aux 100 yeux. Zeus demanda alors à Hermès de libérer sa maitresse en tuant le géant.
Pour se venger une nouvelle fois, Héra envoyant un taon sur cette pauvre bête qui passa ensuite son temps à le fuir jusqu’en Égypte où elle pu enfin reprendre sa forme humaine (et où elle fut associée à la déesse Isis).
Lors de cette métamorphose en génisse, la jeune fille pleura beaucoup car elle n’aimait pas l’herbe grossière qu’elle était obligée d’avaler pour se nourrir.
Touché par ses larmes, Zeus déclara : « Où qu’elle pose ses lèvres, que son souffle se mue en violettes », les transformant ainsi en violettes parfumées afin de lui permettre d’avoir les mets les plus délicats à brouter.

Dans le langage des fleurs, la Violette symbolise la simplicité et la pudeur.
Selon les variétés de violettes, cela peut quelque peu varier : un bouquet de violettes simples pour dire à quelqu’un qu’on l’aime, mais qu’on est trop timide pour le lui avouer, un de violettes doubles pour dire que c’est un amour (ou une amitié) partagée et un bouquet de Violette de Parme (ou de Toulouse) pour dire : « Laisse moi t’aimer ».

Un tel symbole ne pouvait qu’inspirer les grands poètes dont le fameux William Shakespeare qui écrivit un sonnet (le sonnet 99) dont une des strophe célèbre cette petite fleur :
The forward violet thus did I chide:
Sweet thief, whence didst thou steal thy sweet that smells,
If not from my love’s breath? Thy purple pride
Which on thy soft cheek for complexion dwells
In my love’s veins thou hast too grossly dyed.

J’ai grondé ainsi la violette précoce : « Suave friponne, où as-tu volé le parfum que tu exhales, si ce n’est au souffle de mon amour ? Cet éclat empourpré, qui fait le teint de ta joue si douce, tu l’as pris trop grossièrement à ses veines. » (traduction du tout aussi grand Victor Hugo)
Il l’a également employé (entre autre) dans la pièce Hamlet lorsque le frère d’Ophélie décrit à la jeune fille comment il voit l’amour que lui porte Hamlet :
A violet in the youth of primy nature,
Forward, not permanent, sweet, not lasting,
The perfume and suppliance of a minute,
No more » (I.iii.6-10). (Pour ce qui est d’Hamlet et de ses frivoles attentions, regardez cela comme une fantaisie, un jeu sensuel, une violette de la jeunesse printanière, précoce mais éphémère, suave mais sans durée, dont le parfum remplit une minute ; rien de plus. )
Pas vraiment glorieux… d’ailleurs le personnage d’Ophélie s’appuie beaucoup sur des références florales dans toute la pièce.
Elle même utilise une autre symbolique de la violette (la fidélité) lorsqu’elle dit à la reine Gertrude, qui est responsable de l’assassinat de son père, pendant sa « folie » (Acte IV scene V): Voilà une pâquerette; je vous donnerais bien des violettes, mais elles se sont toutes fanées quand mon père est mort.

W. Shakespeare utilise la violette dans d’autre pièces, par exemple dans la pièce Henri V, il emploi cette image pour montrer l’humanité de la royauté (Acte IV, scène 1): « I think the king is but a man, as I am; The violet smells the same to him as it doth to me. »
De par son symbole de fidélité et / ou d’amour pudique ou caché, le bouquet de violette a également été utilisé dans au moins deux opéras : le bouquet de violettes est le symbole de l’amour partagé entre Elvino et Amina au début de La Sonnambula de V. Bellini.
Suite à sa répudiation en public sur un malentendu, la jeune fille lors de sa deuxième crise de somnambulisme de l’opéra retrouve dans son corsage son bouquet de violettes alors fanées (comme leur amour), et lui inspire l’un des plus bel aria belcantiste qui soit: « A non credea mirarti »
Deuxième opéras : Adrianna Lecouvreur de F. Cilea, où le bouquet de violette, symbole de l’amour entre Adrienne et son amant (messager floral utilisé par les deux amants) sera l’outil utilisé par la rivale d’Adrienne pour la tuer.

A noter également l’opérette de Vincent Scotto portant dans son titre le nom de cette petite fleur au parfum envoutant.
Violettes impériales dont un des personnages est l’impératrice Eugénie, une grande amoureuse de cette petite fleur , ou des Violettes célébrées par l’opéra dont la plus connue reste Violetta Valery, la Traviata de G. Verdi au destin si tragique.

En peinture la Violette fut souvent associée avec des portraits de femmes, le plus célèbre étant « Berthe Morisot au bouquet de Violettes » d’Édouard Manet. A la suite de ce portrait de sa future belle-sœur, Manet peint une nature morte: « le Bouquet de Violettes » qui est en fait la suite du tableau puisqu’il a peint le bouquet qu’elle arborait dans ce premier portrait.





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